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15/03/18 à 23:30 - Mise à jour à 16:24

PEDIATRIE Par des messages éducatifs efficaces, sous forme de photos ou d'anecdotes, et une sensibilisation aux risques associés à l'absence de mesures préventives permettent de surmonter le scepticisme des parents vis-à-vis des vaccins.

Les connaissances et les croyances du personnel de santé sur la vaccination sont la clé, estime le Pr Pierre Smeesters. © Belga Image

La vaccination sauve 2 à 3 millions de vies chaque année dans le monde et pourtant, la méfiance persiste. Les fausses idées sur la vaccination ont conduit à un déclin des taux de couverture et à une résurgence de la rougeole aux États-Unis et en Europe. La Belgique n'est pas épargnée, elle fait partie des 4 pays européens (après la Roumanie, la Grèce et l'Italie) où la fréquence est la plus élevée (Rapport ECDC, mars 2018).

" Les personnes qui refusent les vaccins font beaucoup de bruit et attirent l'attention mais, en réalité, elles ne sont pas si nombreuses " , précise le Pr Pierre Smeesters (Huderf). " Parfois, on accorde trop d'importance et d'énergie à ces anti-vaccins que l'on ne convaincra sans doute jamais. À côté, il y a un grand pourcentage de personnes qui sont hésitantes, des personnes sensibles qui se posent des questions. En tant que cliniciens, nous pouvons avoir un impact sur elles, plutôt que de nous focaliser sur les antis. "

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Les connaissances et les croyances du personnel de santé sur la vaccination sont la clé, explique-t-il : " Si vous êtes fortement convaincu que la vaccination est importante, vous donnerez très facilement un discours convaincant à vos patients. Ce que vous savez et ce que vous croyez de la vaccination est important, mais ce que vous faites sur le plan de la vaccination est peut-être le plus important. Il est efficace d'être un peu plus personnel pour convaincre vos patients, en leur racontant une histoire vous concernant : par exemple, que, pour l'un de vos enfants, vous avez été chercher en France un nouveau vaccin pas encore disponible en Belgique. "

Pour parfaire cette formation, un certificat interuniversitaire de vaccination (ULB/UCL/ULg) devrait être organisé pour l'année 2018-2019.

Ensuite, la sécurité des vaccins est le principal déterminant de la méfiance visà-vis de la vaccination: " Les gens ont peur des effets secondaires, ils entendent des histoires de mauvaises expériences. On donne trop d'importance aux effets secondaires; or, il n'y en a que 0,1%. Plutôt que de parler de ces 0,1%, il faut dire que la vaccination est sûre à 99,9% " , insiste-t-il.

Infos vs mythos

Pour le Pr Smeesters, il convient aussi de parler de la protection conférée par les vaccins. Des chercheurs 1 sont ainsi parvenus à modifier les attitudes relatives à la vaccination en attirant l'attention des parents sur les risques encourus en ne faisant pas vacciner leurs enfants. Plutôt que de tenter de dissiper les mythes sur les dangers de la vaccination, il vaut mieux souligner les conséquences réelles des maladies comme la rougeole, les oreillons et la rubéole : via des témoignages de mères dont les enfants ont souffert de la rougeole, via des images d'enfants atteints de ces affections et via des explications sur la façon efficace de les prévenir.

" Cette approche permettrait aux médias et aux professionnels de santé d'améliorer les comportements vis-à-vis des vaccins en communiquant des informations précises sur les risques de maladies, sans répéter des informations inexactes susceptibles de renforcer les attitudes antivaccination " , recommandent les auteurs de l'étude.

En consultation, combien de temps fautil laisser parler les patients de leurs hésitations ? " Ils ont différentes préoccupations (autisme, adjuvants...). Certaines sont peutêtre folles mais ce sont leurs inquiétudes et nous ne leur donnons pas assez d'attention, estime le pédiatre. En même temps, il ne faut pas ouvrir la question, il ne faut pas donner une liste de tous les effets secondaires... Croire en des faits scientifiques augmente quand le consensus sur leur efficacité et leur sécurité est mis en avant. Il convient donc de dire : 'Ce n'est pas mon avis, c'est celui d'un consensus international'. "

Ce n'est pas ridicule

La gestion de la douleur est aussi un élément clé. " Certaines études montrent que l'on n'en fait pas assez pour gérer la douleur. Cela peut sembler anecdotique mais, pour les parents, c'est essentiel. Il faut faire plus attention aux conditions dans lesquelles on vaccine les enfants, il y a plusieurs façons de réduire la douleur. "

Faut-il en passer par l'obligation vaccinale, à l'exemple de la France qui a rendu 11 vaccins obligatoires en janvier ? " C'est très controversé mais, soyons pragmatique : on verra comment cela se passe et si c'est efficace ou pas... "

Partenaires particuliers

Le Pr Pierre Smeesters a terminé son exposé en donnant l'exemple de l'implémentation du vaccin HPV au Royaume-Uni en 2008 et de l'extraordinaire couverture vaccinale (75%) obtenue en 3 mois. Comment ont-ils fait? "Ils ont travaillé pendant trois ans avec des groupes focus et des patients partenaires. Ils ont discuté avec la population de la façon dont ils voulaient avoir cette vaccination. C'est très malin ! "

Il y a donc une approche paternaliste (Prenez vos vaccins!), une approche centrée sur le patient (Vous voulez de l'Emla avant l'injection ? D'accord, mais prenez votre injection), et puis l'approche patient partenaire (Comment voulez-vous recevoir votre injection ? Comment peut-on conduire le programme vaccinal dans la population ?) " C'est difficile , conclut-il, mais c'est probablement la meilleure façon de faire... "

1. PNAS 2015 ; 112(33) : 10321-4

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